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Instruction publique

12.5.2005

Plan d'action pour l'école publique genevoise


Depuis son arrivée à la tête du Département de l'instruction publique au printemps 2003, Charles Beer, Conseiller d'Etat, a effectué plus d'une centaine de visites de services et d'établissements scolaires. Ces déplacements lui ont permis d'échanger avec les enseignants et collaborateurs, d'écouter les élèves, de discuter avec les directions des écoles et des services.

A ces déplacements, il faut ajouter de nombreuses séances de travail avec les directions générales, les représentants des associations professionnelles et de parents. Elles ont attesté que les interrogations et analyses des acteurs de l'enseignement étaient partagées et convergentes. Le contenu de ces échanges a été d'ailleurs confirmé par les travaux des chercheurs du service de recherche en éducation (SRED).

Le Président du DIP en conclut qu'une réponse institutionnelle forte est nécessaire, à la fois pour retrouver la confiance et la cohésion, garantir l'égalité des chances, donner la cohérence indispensable au système scolaire et mettre en place des dispositifs continus permettant de s'assurer que chaque jeune qui quitte la scolarité obligatoire possède un bagage suffisant pour poursuivre une formation postobligatoire et s'insérer à terme dans la vie professionnelle et sociale.

Par conséquent, dans le cadre de valeurs fixé par les 13 priorités pour l'instruction publique genevoise présentées au début de l'année 2005, il a décidé des mesures suivantes pour l'enseignement primaire et le cycle d'orientation.

Enseignement primaire

Dès la rentrée 2005, il s'agit de sortir de la longue phase de rénovation pour entrer dans une école primaire où les innovations qui ont permis des avancées efficaces et attestées constituent des acquis pour la suite. Par ailleurs, il s'agit d'instaurer un seul système d'évaluation pour toutes les écoles primaires du canton. Le règlement de l'enseignement primaire sera modifié immédiatement dans le sens d'une mesure préconisée par les différentes propositions autour du contreprojet à l'initiative 121.

La mise en place d'un système d'évaluation unique et stabilisé implique le passage à une évaluation trimestrielle à six niveaux, traduite en notes notamment pour le français et les mathématiques, de la troisième à la sixième primaire. La direction de l'enseignement primaire, en lien avec les associations professionnelles et de parents, est chargée de définir les autres disciplines qui seront évaluées avec ou sans notes, ainsi que les documents de communication destinés aux parents et aux enseignants.

Dès la rentrée 2006, il n'y aura plus qu'une seule organisation de la scolarité primaire, avec en principe un cycle élémentaire de 4 ans, et deux cycles moyens de 2 ans. La mise en place d'une seule organisation de la scolarité pour la rentrée 2006 sera adaptée, le cas échéant, au résultat de la votation populaire sur l'initiative 121 et son contreprojet.

Cycle d'orientation

Dès la rentrée 2005, le rythme d'évaluation sera trimestriel au sein de chaque cycle d'orientation.

En vue de leur application à la rentrée 2006, l'examen des mesures qui suivent sont confiées à la Commission générale de la formation de l'enseignement secondaire 1, constituée des représentants des enseignants et de leur association professionnelle, des parents d'élèves, des directions d'établissements. Sa composition qui sera arrêtée en juin 2005 vise également à une représentation équilibrée de la «société civile».

Les travaux se baseront notamment sur les trois études du SRED attendues durant l'année 2005.

Le Président du DIP a fixé des objectifs précis auxquels la Commission devra répondre par des propositions concrètes dans les 4 domaines suivants :

1. Communauté éducative (les lieux d'enseignement)

  • actualiser la définition de l'autonomie de gestion des établissements et de sa régulation par l'instauration de conseils d'établissement;

  • développer le travail en réseau d'établissements (partage des compétences et de ressources) ;

  • renforcer le rôle des équipes de direction à la tête des établissements.


2. Contenu de l'enseignement et évaluation

  • réviser les plans d'étude, en fixant pour chaque degré et profil des niveaux de connaissances et de compétences en cohérence avec les objectifs romands (Pecaro) et nationaux (HarmoS) ;

  • augmenter le temps d'enseignement consacré au français et aux mathématiques ;

  • examiner l'intégration dans les programmes d'enseignement pour tous les élèves des connaissances générales des grands textes fondateurs, du fait religieux, d'éducation à la citoyenneté et au développement durable;

  • développer le dispositif d'évaluation commune;

  • revoir les conditions de passage du 9e au 10e degré en assurant les élèves qu'une promotion du CO donne accès directement à une filière de formation de l'enseignement postobligatoire sur la base d'une certification qui exige l'obtention de la moyenne requise en français et en mathématiques.


3. Lutte contre l'échec scolaire

  • revoir et harmoniser les dispositifs de prise en charge différenciée des élèves en difficultés scolaires (système de tutorat individuel, études encadrées en fin de journée, contrat individuel de soutien entre la famille et l'école, ateliers de renforcement dans les branches de base, etc.)


4. L'organisation scolaire

Les deux organisations qui cohabitent actuellement (à regroupements différenciés A, B avec options dans 16 établissements, système hétérogène à niveaux et options dans 3 établissements) seront réconciliées en un système unique pour tous les établissements.

  • Proposer un mode d'organisation unique des classes selon des profils (mathématiques et sciences de la nature, langues, arts, latin et sciences humaines, formation générale) en tenant compte qu'une part des enseignements seront dispensés au sein de groupes hétérogènes, élément essentiel en vue de l'apprentissage du vivre ensemble au sein de l'école.

  • Au regard de cette nouvelle organisation, la Commission devra également évaluer si le maintien ou non d'options demeure possible et pertinent.


La présidence de la commission est confiée à un-e enseignant-e qui bénéficie de la reconnaissance de tous les partenaires impliqués.

Un plan d'action pour renforcer l'école publique

Ce plan d'action qui concerne tant l'enseignement primaire que le cycle d'orientation, doit permettre d'harmoniser les diverses pratiques dans le canton pour obtenir une meilleure lisibilité et cohérence dans l'ensemble de l'école obligatoire, et assurer une formation de qualité pour chaque élève durant sa scolarité.

Il s'inscrit dans le cadre de valeurs fixé par les 13 priorités pour l'instruction publique genevoise, et fait suite notamment aux plans d'action mis en place depuis plusieurs mois en vue du renforcement des compétences en lecture et de la lutte contre la violence au sein des établissements.

Personne de contact:
Olivier Mutter, secrétaire adjoint
T. 022 327 24 61 ou 078 817 16 13

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