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| 57e législature / Novembre 2009 à Novembre 2013 |
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Marronnier officiel
Le marronnier officiel annonce le printemps, 21 mars 2013.
La première feuille du marronnier de la Treille
La passion du marronnier
Le " marronnier fou "
Tableau récapitulatif
Classement par année

Chaque année, le sautier annonce l'arrivée du printemps par l'éclosion de la première feuille du marronnier officiel.
A ce jour, il y a eu trois marronniers officiels :
le premier de 1818 à 1905
le second de 1906 à 1928
le troisième de 1929 à ...
La première feuille du marronnier de la Treille
La Treille et ses arbres
La promenade de la Treille tire son origine des Crêts-Baudet ou
Crêts de la porte de Baudet, terrains accidentés, en partie couverts
d'arbres, de buissons, de vignes (d'où le nom de "treille" donné
à cet espace) et agrémentés de pavillons rustiques ainsi que de
colombiers. En 1515 commencèrent les premiers aménagements de la
promenade. Un lopin de terre fut acheté par le Conseil le 20 juin
1516. Le 1er février 1558, le Conseil chargea la sautier Lupi Tissot
de faire planter des arbres sur " la plate-forme derrière la Maison
de ville " où se trouvaient des pièces d'artillerie. On vit alors
fleurir des noyers et des mûriers. La promenade fut agrandie en
1630 et des travaux de soutènement eurent lieu en 1698 et en 1713.
En 1706, des tilleuls furent plantés sur cet emplacement. Ils ne
tardèrent pas à se dessécher, sans doute en raison de l'ensoleillement
extrême de l'esplanade que les Genevois d'alors surnommaient " le
Petit Languedoc ". Toujours en 1706 fut créée la rampe allant en
direction de l'Athénée, et, en 1711, la partie descendant vers la
place Neuve. La Treille possède alors sa surface actuelle: 6341
m2. Importés en Europe au XVIe siècle par le diplomate français
Ogier Ghislain de Busbecq (1522-1592), les marronniers apparurent
sur la Treille au XVIIIe siècle : la première rangée en 1720, la
seconde (près des bâtiments) en 1721. Enfin, le fameux banc de la
Treille, dit " le plus long du monde " date de 1767. La longueur
en a varié au cours des années, en raison des réfections successives
qu'il a subies. Entièrement repeint au printemps 1982, le banc se
compose actuellement de 180 planches (120 pour le siège et 60 pour
le dossier) reposant sur 61 pieds. Il mesure 120 mètres (très exactement
120,21 m).

La passion du marronnier
Pourquoi cet engouement pour les marronniers de la
Treille?
Ignorons le duc d'Antin (1665-1736), fils de la marquise de Montespan,
qui, en parfait courtisan, fit abattre en une nuit une allée de
marronniers, dans son parc de Petit-Bourg, parce que ces arbres
avaient déplu à Louis XIV!
A défaut de documents, deux suppositions peuvent être avancées :
Tout d'abord, dès la fin du XVIIIe siècle, se manifeste un goût
marqué pour le retour à la nature. Pensons à Jean-Jacques Rousseau
herborisant dans les campagnes, à Marie-Antoinette jouant à la bergère
à Trianon. C'est aussi le temps des botanistes, des naturalistes
: Horace-Bénédict de Saussure, Augustin-Pyraine de Candolle, etc.
Ensuite, dès le début du XIXe siècle et jusqu'aux premières années
du XXe, les Parisiens s'intéressèrent à l'éclosion des premières
feuilles d'un marronnier des Tuileries, qui se produisait régulièrement
le 20 mars, jour anniversaire de la naissance, en 1811, de Napoléon
II, et du retour de Napoléon de l'île d'Elbe, en 1815. De plus,
ce fameux marronnier du 20 mars, mort de vieillesse en 1911, passait
pour avoir recueilli à ses pieds les corps de quelques-uns des Suisses
massacrés aux Tuileries le 10 août 1792.
L'arbre des Tuileries inspirait chaque année quelques lignes appropriées
à des journalistes en mal de copie. Depuis lors, on donne le nom
de " marronnier " à un petit article de fantaisie consacré à un
événement qui se reproduit à date fixe.
A Genève, le premier qui s'intéressa aux marronniers de la Treille
fut Marc-Louis Rigaud-Martin (1754-1844), père du célèbre Jean-Jacques
Rigaud qui fut dix fois premier syndic.
Marc-Louis Rigaud, rentier, habitait à l'actuel 16 de la rue des
Granges. Dès 1808, il se mit à observer un marronnier de la Treille
situé en face de son domicile et poursuivit ses observations jusqu'en
1831.
Comme le relève l'article de Jacques Miège et Pierre Hainard " Un
témoin genevois de l'évolution climatique récente " (Archives des
sciences, Vol. 20, fasc. 1, 1967), Marc-Louis Rigaud a noté les
dates suivantes :
| |
|
|
vendredi 15 avril 1808 |
mardi 28 mars 1809 |
jeudi 29 mars 1810 |
mardi 26 mars 1811 |
lundi 13 avril 1812 |
jeudi 8 avril 1813 |
vendredi 8 avril 1814 |
vendredi 24 mars 1815 |
lundi 22 avril 1816 |
lundi 7 avril 1817 |
mercredi 8 avril 1818 |
jeudi 1er avril 1819 |
mercredi 5 avril 1820 |
mardi 10 avril 1821 |
vendredi 22 mars 1822 |
jeudi 3 avril 1823 |
mercredi 21 avril 1824 |
mercredi 6 avril 1825 |
mercredi 29 mars 1826 |
samedi 7 avril 1827 |
lundi 31 mars 1828 |
samedi 4 avril 1829 |
dimanche 28 mars 1830 |
samedi 26 mars 1831 |
Dès 1818, le premier sautier nommé après la Restauration, Théodore-Marc
Paul, entreprit les mêmes observations, mais en portant son intérêt
sur un autre marronnier, qu'il choisit en face de la tour Baudet.
Théodore-Marc Paul enregistra les dates d'éclosion de la première
feuille de 1818 à 1830.
Ses successeurs continuèrent la statistique :
Henri Fromont, de 1831 à 1857 ;
Jean-Paul Ruff, de 1858 a 1903, soit pendant 45 ans.
Compte tenu de la longue période des relevés de ce sautier, les
Genevois avaient pris l'habitude de parler de l'arbre en l'appelant
familièrement " le marronnier du père Ruff "!
Samuel Demolis vit encore la fleur éclore en 1904 et 1905, mais
le marronnier, vidé de sève vu son grand âge, fut abattu le 14 décembre
1905.
Le sautier choisit un nouveau marronnier pour poursuivre la tradition.
Il porta son choix sur un arbre sis en face de la maison Turrettini.
Samuel Demolis s'en occupa de 1906 à 1910 ;
Jules Veresoff de 1911 à 1923 ;
et Alphonse Wiedmer de 1924 à 1928. Cette année-là, le marronnier
fut abattu...
Le sautier porta alors son choix sur l'arbre actuel, c'est-à-dire
le marronnier situé à l'extrémité est de la promenade, au premier
rang (côté rampe de l’Athénée).
Alphonse Wiedmer annonça la première feuille en 1929 et 1930 :
Adolphe Tombet de 1931 à 1944 ;
Albert Perréard de 1945 à 1957 ;
Henri Fontaine de 1958 à 1969 ;
Jean Hoesner de 1970 à 1978 ;
Pierre Stoller de 1979 à 1996 ;
Myriam Boussina-Mercille de 1997 à 1999;
Maria Anna Hutter de 2000 à …
Pour le 150e anniversaire des observations, en 1968, le sautier
Henri Fontaine fit apposer sur l’arbre un écriteau mentionnant :
Marronnier de la Treille
(Aesculus Hippocastanum L.)
sur lequel est observée l’éclosion de la première feuille annonciatrice
du printemps
Cette plaque, détériorée, fut enlevée en 1981. Le 27 mars 1982,
à l’occasion de la deuxième fête du printemps (célébrée par les
enfants des écoles du boulevard Jacques-Dalcroze et de la promenade
Saint-Antoine), M. Guy-Olivier Segond, conseiller administratif
de la Ville de Genève, inaugura une nouvelle plaque, placée sur
la béquille nouvellement installée pour soutenir le vieux marronnier.
Elle est ainsi libellée :
MARRONNIER OFFICIEL Depuis 1818, le sautier de la République observe
sur l’un des marronniers de cette promenade l’éclosion de la première
feuille C’est sur cet arbre que se portent, depuis 1929, les observations.
Le marronnier officiel, selon les directives 1991 de l’Union suisse
des services des parcs et promenades (USSP), vaut 22'000 F !

Le " marronnier fou "
Le marronnier officiel est concurrencé, et souvent
largement dépassé, par un jeune marronnier planté en 1968 par M.
René Schambacher, jardinier de la Ville de Genève, qui avait utilisé
comme graine un marron d’un arbre précoce du chemin Désiré. Cet
arbre est célèbre pour avoir fleuri au mois de décembre.
Texte tiré de : " La première feuille
du marronnier de la Treille " (1994) de M. Pierre Stoller (sautier
de 1979 à 1996), M. Roger Beer (directeur du service des espaces
verts et de l’environnement de la Ville de Genève, SEVE), Ville
de Genève.
Tableau récapitulatif (Etat au 21 mars 2013)
| |
1er marronnier |
2e marronnier |
3e marronnier |
Total |
| Janvier |
- |
- |
3 |
3 |
| Février |
- |
- |
27 |
27 |
| Mars |
36 |
19 |
54 |
108 |
| Avril |
52 |
4 |
- |
56 |
| Novembre |
- |
- |
1 |
1 |
| Décembre |
- |
- |
1 |
1 |
| |
1er marronnier |
2e marronnier |
3e marronnier |
Total |
| Lundi |
15 |
5 |
13 |
33 |
| Mardi |
13 |
2 |
13 |
28 |
| Mercredi |
14 |
4 |
10 |
28 |
| Jeudi |
10 |
4 |
19 |
33 |
| Vendredi |
12 |
1 |
16 |
29 |
| Samedi |
14 |
3 |
8 |
24 |
| Dimanche |
10 |
4 |
6 |
20 |
Sortie de la première feuille depuis 1970
(Les dates de sortie, depuis 1818, sont disponibles au Secrétariat général du Grand Conseil)
1970 à 1979
Samedi 21 mars 1970
Dimanche 21 mars 1971
Jeudi 24 février 1972
Vendredi 16 mars 1973
Jeudi 14 février 1974
Vendredi 31 janvier 1975
Mardi 2 mars 1976
Vendredi 18 février 1977
Mercredi 1er mars 1978
Jeudi 22 février 1979 |
|
1980 à 1989
Jeudi 21 février 1980
Lundi 9 mars 1981
Dimanche 10 janvier 1982
Mardi 8 mars 1983
Vendredi 9 mars 1984
Vendredi 15 mars 1985
Mercredi 19 mars 1986
Jeudi 19 mars 1987
Lundi 15 février 1988
Dimanche 26 février 1989 |
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1990 à 1999
Dimanche 11 férier 1990
Jeudi 3 janvier 1991
Jeudi 27 février 1992
Vendredi 26 février 1993
Dimanche 6 février 1994
Mardi 14 février 1995
Mercredi 6 mars 1996
Jeudi 27 février 1997
Lundi 16 février 1998
Mardi 9 mars 1999 |
2000 à 2009
Lundi 28 février 2000
Jeudi 15 février 2001
Jeudi 7 février 2002
Dimanche 29 décembre 2002
Samedi 21 février 2004
Samedi 19 mars 2005
Mardi 14 mars 2006 et le jeudi 26 octobre 2006
Vendredi 2 mars 2007
Mardi 19 février 2008
Vendredi 6 mars 2009 |
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2010 à 2019
Lundi 15 mars 2010
Lundi 28 février 2011 et le mercredi 30 novembre 2011
Mardi 13 mars 2012
Jeudi 21 mars 2013 |
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